CAP SMILE

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LE MARIAGE PRÉCOCE !

La volonté affichée et non marchandée des gouvernants d’offrir le plein épanouissement aux filles se heurte souvent à des pratiques rétrogrades, peu orthodoxes qui affectent irréversiblement l’avenir de ces dernières. Aux nombres de ces pratiques figure en pole position le mariage précoce.

S’il est à reconnaître que le concept n’est pas nouveau, il n’est pas pour autant superflu de rappeler son approche définitionnelle.

De ce fait, on peut le définir comme l’union matrimoniale conçue dans la fleur de l’âge contre son gré et avec une personne que l’on ne choisit pas.

Trois critères se dégagent de cette clarification conceptuelle :

•            se marier très jeune ;

•            contre sa volonté ;

•            avec une personne non désirée.

Cette trilogie converge si bien avec les réalités du terrain.

En effet, il n’est pas rare d’observer que des parents contraignent leurs filles à se mettre en couple avec des personnes qu’ils leur imposent.

Chaque année, des milliers d’enfants, plus particulièrement de jeunes filles sont mariées avant l’âge de 18 ans.

D’après le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), ce fléau a souvent droit de cité en Afrique subsaharienne où 37% des jeunes femmes ont été mariées avant leurs 18 ans. L’institution spécialisée des Nations Unies en charge de la protection et de la promotion des droits des enfants va plus loin dans ses analyses en estimant que 12 millions de jeunes filles de moins de 18 ans sont mariées chaque année.

L’Enquête par Grappes à Indicateurs Multiples (MICS), un programme d’enquête développé par lUNICEF, renseigne qu’en 2014, le phénomène semblait reculer au BÉNIN mais restait persistant notamment dans certains Départements du pays en l’occurrence le BORGOU et l’ALIBORI.

Ainsi, 25,9% des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant leurs 18 ans contre 33,3% pour la tranche d’âge supérieur (25 à 29ans).

Quant aux filles de moins de 15 ans, le taux de précocité serait également en régression au plan national. La plus récente enquête sur le sujet indique un taux de 16% de filles âgés de 15 à 19 ans mariés. Trois sur dix des femmes âgées de 20 à 49 ans ont très tôt découvert les réalités de la vie conjugale avant l’âge de 18 ans.

Ces statistiques font froid aux yeux et suscitent inquiétudes.

 Quels sont les facteurs qui favorisent ce phénomène ?

La politique des gouvernants en matière de protection des enfants notamment les filles est-elle à bout de souffle ?

 Si dans l’opinion publique des voix s’élèvent pour s’indigner contre le mariage précoce, d’autres dans la logique d’objectivité originelle s’appesantissent sur les réelles motivations des parents qui s’y adonnent en dépit de l’arsenal législatif répressif.

La principale motivation demeure la pauvreté ambiante

En quête du bien-être familial, des parents font feu de tout bois pour atteindre cet objectif. Ils offrent à cet effet leurs filles tel un cadeau de noël à des personnes supposées nanties contre une récompense dérisoire. Ce geste déshumanisant rappelle les moments douloureux du système d’esclavage ayant emporté les bras valides de l’Afrique.

Les inégalités liées aux sexes et les pesanteurs sociologiques

Bien que les autorités politico-administratives et les organisations de défense des droits humains travaillent d’arrache-pied pour éradiquer la discrimination fondée sur le sexe, celle-ci semble avoir la peau dure.

A titre illustratif, la mentalité consistant à faire de la femme l’apanage du foyer continue malheureusement d’être développée dans des régions du monde.

Au surplus, le contexte sociologique né du poids de la tradition africaine joue aussi en défaveur de la lutte efficace contre la précocité du mariage dont sont victimes les filles.

L’Analphabétisme

 C’est une réalité beaucoup plus perceptible en Afrique. Le faible taux d’instruction de la population constitue une faiblesse qui engendre l’ignorance ou la méconnaissance des textes régissant la protection des droits des enfants.

Ces quelques raisons énumérées constituent le tremplin à l’évocation des inconvénients du mariage des enfants.

Le mariage infantile est la pesanteur non négligeable de la scolarisation des filles. Une bonne frange de ces dernières déserte les lieux d’éducation pour endommager leur avenir dans le paysage conjugal.

L’autre inconvénient, ce sont les risques de santé qu’on ne saurait passer sous silence. Ceux-ci sont générés par les grossesses précoces qui font le lit à la flambée du taux de mortalité maternelle et/ou néonatale.

Tout ceci renforce la femme dans son statut de sexe faible au grand dam des féministes qui luttent pour un changement radical.

Au regard de l’état des lieux ainsi fait de la situation, des approches de solution urgent d’être proposées pour endiguer le mal.

Les approches de solution vont s’articuler autour de deux piliers fondamentaux :

Primo, la lutte inlassable et stratégique contre la pauvreté

Si le mariage précoce était une pathologie, la lutte contre la pauvreté reste la thérapie idéale. Elle permettra aux parents d’être à l’abri du besoin. Les autorités à divers niveaux sont donc conviées à intensifier la politique du social.

 Secundo, la sensibilisation des parents sur la législation en matière des droits des enfants.

Une chose est de voter la loi, la mettre en vigueur, l’autre est l’obligation de la faire connaitre à la cible à laquelle elle est destinée.

De ce fait, les autorités se doivent d’intensifier l’organisation périodique des journées de sensibilisation dans les zones reculées pour exposer aux parents les sanctions qu’ils encourent en poussant leurs filles au mariage précoce.

Tout bien considéré, la fin de la lutte contre le mariage des enfants n’est pas pour demain la veille tant que les autorités n’attacheront pas du prix à la sensibilisation sur les lois votées.

Tout en soutenant cette thèse, CAP SMILE, ardent défenseur des droits enfants notamment du plein épanouissement des filles, estime que le principe juridique, « nemo censetur ignorare lege » : « Nul n’est censé ignoré la loi » ne saurait être une excuse valable des autorités pour s’exonérer du devoir de sensibilisation sur les lois après vote.

Ensemble protégeons les filles contre le mariage précoce en faisant front à cette pratique.

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